Sommaire / Indice

Elisabeth Mudimbe-Boyi, Enfermer et contrôler: lieu social et espace textuel dans L’Excisée de Evelyne Accad

Jean-Gérard Laparcherie, Le féminisme dans la littérature égyptienne de langue française

Pierre Glaudes, Marche-Noir. Le symbolisme spatial dans Le Désespéré

Claude Debon, Queneau saisi par les agélastes

Elisabeth Mudimbe-Boyi, Enfermer et contrôler: lieu social et espace textuel dans L’Excisée de Evelyne Accad
L’Excisée de Evelyne Accad illustre un des éléments constitutifs de la condition féminine, particulièrement au Moyen Orient, ou cette condition s’actualise dans le silence, le voile et le confinement.
L’espace du texte s’érige ici en moyen de subversion de l’ordre social établi, car la voix féminine peut y surgir et rompre ainsi le silence imposé, en même temps qu’elle peut s’affirmer comme sujet de son propre discours.

Jean-Gérard Laparcherie, Le féminisme dans la littérature égyptienne de langue française
Pendant un demi-siècle environ, de 1895 à 1960, l’Egypte a connu une pensée et un mouvement féministes qui se sont exprimés surtout en français. Ce féminisme est oublié; parfois occulté. Il s’agit de l’exhumer. Pour plusieurs raisons. D’abord, il n’est pas exogène: ce sont intellectuels égyptiens eux-mêmes, des hommes et des femmes, qui ont eu le courage d’exiger que leur société améliore la condition des femmes. Ensuite, ces intellectuels ont compris que la condition des femmes était liée à celle de la décadence de l’Egypte et que, pour renouer avec la grandeur passée de ce pays, il faillait instruire les filles et les libérer du statut de servantes recluses auquel elles étaient condamnées. Enfin, ce féminisme a suscité des pensées fortes et des oeuvres littéraires de qualité, en particulier Ranza de la romancière Out-el-Kouloub.

Pierre Glaudes, Marche-Noir. Le symbolisme spatial dans Le Désespéré
On peut lire Le Désespéré de Léon Bloy comme un voyage symbolique entrepris par Marche-noir, – ce héros ténébreux, dont on peut penser qu’il est celui qui marche dans le noir. L’itinéraire qui, de Périgueux, le ramène a Paris, via la Grande Chartreuse, est un parcours tragique, où chaque lieu se dérobe ou se ferme devant lui, avant que le dernier d’entre eux soit le théâtre de sa mort. Mortelle randonnée, son histoire est celle d’un voyageur, sorte de Christ moderne dont la Passion ne s’achève pas dans la gloire de la Rédemption. C’est le récit de l’existence d’un homme sans espace, donc en souffrance d’identité, dont le destin est de se perdre dans une quête qui n’aboutit à rien de sur, si ce n’est à la mort et au silence de Dieu.

Claude Debon, Queneau saisi par les agélastes
Faut-il adhérer à la Tradition telle qu’elle a été réexposée par René Guenon pour comprendre l’oeuvre de Queneau? Claude Debon examine, pour tenter de répondre à cette question, les arguments de deux critiques, Alain Calame et Emmanuël Souchier, qui a fait paraître en 1991 aux Editions du Seuil un Raymond Queneau. Les rapports entre périodes de spiritualité et périodes de création, la pertinence de l’intertexte guénonien, la relation critique sont successivement interrogés et mis en question. L’imposition d’un modèle de pensée totalitaire, quelles qu’aient été les convictions de l’homme Queneau, est en contradiction avec le fonctionnement même du « jeu » quenien.

Notes et commentaires/Note e rassegne

Jacques ChevrierLe thème de l’exclusion et de la marginalité dans l’oeuvre de Williams Sassine

Marco StupazzoniLa recente fortuna critica di Honoré de Balzac in Italia. Repertorio bibliografico: 1958-1992 (con una premessa per gli anni 1948-1957)

Comptes rendus/Recensioni

R. Queneau, Romanzi (Gianni Poli)

A. Pizzorusso, Letture di romanzi. Saggi sul romanzo francese del Settecento (Paola Vecchi)

A. Marchetti (a cura di), Memoria francese di Arthur Rimbaud (André Alain Morello)

Notes de lecture/Pubblicazioni ricevute e schede

Actualités/Notiziario

Pubblicato con contributi del Ministero dell’Università e della Ricerca Scientifica e Tecnologica, e dell’Università di Bologna. Lavori eseguiti con un contributo del C.N.R.