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Automne / 
Autunno 2016

Kalisky l’intempestif ? Relectures contemporaines d’une œuvre du XXe siècle

sous la direction de

Aurélia Kalisky et Agnese Silvestri

Sommaire / Indice

Aurélia Kalisky, Agnese Silvestri, Relire Kalisky, une œuvre opportune

Jacques De Decker, Kalisky, plus que jamais présent

Marc Quaghebeur, Une autopsie qui va plus loin que celle du cadavre de Charles le Téméraire

Elena Quaglia, L’écriture post-génocidiaire entre Jim le Téméraire et Falsch. Un infléchissement du paradoxe à la prétérition

Aurélia Kalisky, Un discours de mutant comme une escadrille de F16. L’écriture romanesque de Kalisky dans L’Impossible Royaume

David Willinger, Confirmation of a Belgian National Repertoire Issuing from Maeterlinck in the Dramaturgy of Kalisky’s Dave au bord de mer

Annamaria Laserra, De Romain Gary à René Kalisky, les deux Europa de 1972

Agnese Silvestri, « Surjouer » avec le feu: Le Pique-nique de Claretta et la mise en scène de Vitez

Marc Quaghebeur, Une autopsie qui va plus loin que celle du cadavre de Charles le Téméraire
Scénario fait de démultiplications jouant notamment du flash-back, le Charles le Téméraire de René Kalisky ne fut jamais créé mais édité à titre posthume dans sa version princeps. Les télévisions commanditaires non seulement contraignirent l’auteur à réécrire son texte dans un sens linéaire, mais ne le portèrent pas à l’écran. Ce chef-d’œuvre est plus que l’exceptionnelle restitution scénique et visuelle d’un parcours historique et d’une personnalité marquante de la fin du XVe siècle. L’autopsie du cadavre au visage méconnaissable dépasse en effet celle de l’identification de la dépouille découverte dans la glace aux abords de Nancy. Elle renvoie à l’Histoire profonde de la Belgique et des pays d’entre-deux dont Celle-ci est l’emblème ; et, à travers Elle, aux identités complexes qu’a toujours défendues René Kalisky. Plaidoyer majeur du dramaturge et essayiste contre la déshistoire, ce texte se focalise foncièrement sur les visages. Il est au minimum à triple entente. Kalisky a inventé la Forme, baroque et visuelle, de cette Histoire, Forme qui met à mal bien des clichés.

Elena Quaglia, L’écriture post-génocidiaire entre Jim le Téméraire et Falsch. Un infléchissement du paradoxe à la prétérition
Cet article essaie de montrer comment, dans l’œuvre de René Kalisky, le traumatisme engendré par la déportation du père crée les fondements d’une écriture où le questionnement de l’identité juive ne peut que frayer avec la conscience de la mort. Ainsi, dans Jim le Téméraire, où le Juif semble avoir besoin du bourreau pour se définir, Kalisky emploie une écriture paradoxale, régie par la « hantologie » et par la « hontologie ». Dans Falsch, le dramaturge réussit à faire le deuil du passé, à travers une écriture de la prétérition, que l’on retrouve chez de nombreux auteurs de sa génération : tout en niant la possibilité d’une représentation artistique de l’horreur, le texte laisse cependant entrevoir l’opportunité, pour le survivant, de comprendre les souffrances des disparus et d’assumer sa judéité déficitaire.

Aurélia Kalisky, Un discours de mutant comme une escadrille de F16. L’écriture romanesque de Kalisky dans L’Impossible Royaume
Dans cet article, Aurélia Kalisky se penche sur l’unique roman de René Kalisky, L’Impossible Royaume. Centré sur les thèmes du sionisme et l’identité juive en relation avec l’histoire de l’État d’Israël, ce récit de fiction écrit à la première personne relate le parcours désenchanté d’un scénariste juif parisien confronté aux limites de la création artistique et de l’engagement politique face à ce qu’il perçoit comme la dérive nationaliste de l’État hébreu à la fin des années 1970. Aurélia Kalisky en analyse la poétique en s’intéressant notamment à la nature transgénérique d’un « roman-essai » tenant à la fois du pamphlet et du roman prophétique, empruntant simultanément ses codes au roman d’initiation ou au récit de voyage satirique. Elle met en évidence la dimension réflexive d’un récit retraçant l’échec d’une utopie en acte : celle d’un art capable d’inverser le cours mortifère d’une histoire marquée par la répétition catastrophique.

David Willinger, Confirmation of a Belgian National Repertoire Issuing from Maeterlinck in the Dramaturgy of Kalisky’s Dave au bord de mer
Le but de cet essai est de mettre en évidence les liens de filiation, peu évidents à première vue, existant entre son œuvre et celle de Maurice Maeterlinck. C’est surtout dans ses deux pièces consacrés à des thèmes liés à son identité juive, Jim le téméraire et Dave au bord de mer, que les affinités entre les œuvres se manifestent le plus clairement. Maeterlinck comme Kalisky ignoraient les exigences de la mise en scène, mais c’est aussi sur plusieurs autres aspects que les dramaturgies des deux auteurs belges peuvent être rapprochées : l’emploi de la stasis et le refus d’une action dramatique normative caractéristique de la pièce bien faite ; le recours aux méta-narratifs tirés de contes de fées dans le cas de Maeterlinck et du Livre de Samuel chez Kalisky ; l’emphase sur la musicalité du langage et l’usage des répétitions ; l’emploi, enfin, de personnages archétypiques qui ont en même temps conscience de leur qualité de personnages de théâtre.

Annamaria Laserra, De Romain Gary à René Kalisky, les deux Europa de 1972
Cet essai tente d’évaluer l’impact d’Europa, roman de Romain Gary, sur René Kalisky, en le mettant en relation avec un souci de renouvellement esthétique commun aux deux écrivains, et s’exprimant chez l’un dans le roman, chez l’autre dans le théâtre. Trouvant Europa « extraordinairement théâtral », Kalisky en donna une adaptation scénique. Néanmoins, par la suite, il reconnut davantage l’influence d’Antoine Vitez et eut l’impression que l’essentiel de l’apport garyen à sa démarche s’était limité à la seule conception de l’espace et du temps. En réalité, cet apport est allé bien plus loin. À l’analyse, on constate chez Gary un renouvellement de l’art romanesque comparable à celui que Vitez a opéré dans le théâtre. Ses idées ont constitué le noyau essentiel de ce que Kalisky considéra plu tard avoir trouvé chez Vitez. Cette étude tente de faire la part des choses en rendant à Gary ce qui lui appartient au sein du processus de maturation créatrice de Kalisky.

Agnese Silvestri, «Surjouer» avec le feu: Le Pique-nique de Claretta et la mise en scène de Vitez
Cet article revient sur la rencontre entre René Kalisky et Antoine Vitez et sur la mise en scène, en 1974, du Pique-nique de Claretta. Il précise les raisons d’une découverte réciproque dans l’exigence, également ressentie par l’un et l’autre artiste, d’un renouvellement des formes dramatiques, ainsi que d’un dépassement des limites du brechtisme. En s’appuyant sur des sources variées et encore inexploitées (la correspondance entre les deux artistes, leurs brouillons inédits, leurs notes de travail, les nombreux comptes rendus de la pièce), il analyse les différences qui se dessinent entre la dramaturgie du texte et celle de la mise en scène. L’aspiration kaliskienne à un théâtre qui assume des risques pour se libérer d’un manichéisme réducteur et inefficace à lutter contre les nouvelles formes de fascisme, révèle une audace qui, en cette occasion, par rapport aux schémas culturels de l’époque, apparaît plus libre que celle d’Antoine Vitez.

Marc Quaghebeur, Une autopsie qui va plus loin que celle du cadavre de Charles le Téméraire
Assembling shattered pieces of history, moving backward and forward through time and space, René Kalisky’s Charles le Téméraire initially took the form of a commissioned tv script, which was never shot but posthumously published in its earliest version. in fact, the co-producing broadcasters demanded that the author rewrite it as a linear script, but in the end decided against shooting it anyway. this masterpiece is much more than an exceptional reconstitution of an outstanding 15th century historical episode or figure. the autopsy done on a faceless corpse leads not only to the identification of physical remains discovered in the icy vicinity of Nancy : it also opens up an in-depth analysis of Belgium history, as well as any such « in-between country », and stages complex identities, which was Kalisky’s main concern. By focusing principally on the topic of faces and figures, and so bringing at least three divergent meanings to the fore, this work can be regarded as a plea against the temptation to unravel history. Kalisky literally invented a baroque and visual form that cleanses history of all the clichés and stereotypes that generally accrue to it.

Elena Quaglia, L’écriture post-génocidiaire entre Jim le Téméraire et Falsch. Un infléchissement du paradoxe à la prétérition
This article attempts to show how, in the works of René Kalisky, the original trauma of his father’s deportation creates a form of writing in which Jewishness is necessarily associated with the awareness of death. In Jim le Téméraire, the Jew seems to have need of his executioner in order to define himself : Kalisky adopts a form of paradoxical writing about Jewishness, governed by « hauntology » and « hontology ». In Falsch, the playwright manages to mourn for the past, through preterition, a form of writing typical of his generation. While the text denies the potential for artistic representation of the horror-inducing events, it suggests nonetheless that the survivor ultimately be given the opportunity to understand the suffering of all that has been lost and to accept his own inadequate Jewishness.

Aurélia Kalisky, Un discours de mutant comme une escadrille de F16. L’écriture romanesque de Kalisky dans L’Impossible Royaume
In her article, Aurélia Kalisky focuses on René Kalisky’s one and only novel, L’Impossible Royaume. Emphasizing themes of Zionism and Jewish identity in relation to the story of the state of Israel, this first-person fictional narrative relates the disillusioned trajectory of a Jewish filmscript writer living in Paris who is forced to realize the limits to artistic creation and political engagement when confronted with the dominant nationalist thrust behind the Hebrew state toward the end of the 1970s. Aurélia Kalisky focuses on the trans-generic nature of a « novel-essay », with its opposing pulls between political pamphlet and prophetic novel, that simultaneously employs codes native to the novel of initiation as well as the satirical travel book. She exposes the reflexive dimension of a narrative that takes us through the failure of a Utopia in the making : that of an art capable of overturning the fatal course of a history marked by catastrophic repetitions.

David Willinger, Confirmation of a Belgian National Repertoire Issuing from Maeterlinck in the Dramaturgy of Kalisky’s Dave au bord de mer
This essay traces some tantalizing connections between the first major Belgian playwright, Maurice Maeterlinck, and his seemingly unlikely theatrical descendant, René Kalisky. Particularly in his two masterpieces on Jewish themes, Jim le téméraire and Dave au bord de mer, we can see the « family resemblance » most clearly. Though ignorant of theatre practice, the two Belgians’ dramaturgies reflect each other : the use of stasis and backgrounding normal dramatic action ; in resorting to meta-narratives, in Maeterlinck’s case, through fairy tales of the Brother Grimm and others and in Kalisky’s the Old Testament Book of Samuel ; the emphasis on musicality of language and such techniques as repetition over the mechanism of the Well-Made Play ; the use both of archetypical characters and characters who manifest a consciousness of their own theatricality, all accumulate to form a picture of national theatrical identity in this pairing.

Annamaria Laserra, De Romain Gary à René Kalisky, les deux Europa de 1972
This study endeavors to sort through the reasons for the great impact that Romain Gary’s novel, Europa, had on playwright Kalisky, who adapted it for the stage the very year of its publication. Both writers had in common a desire to renew their respective arts. However, while at an earlier point in his career, the younger Kalisksy recognized Gary’s influence on him, he instead later avowed the influence of another master playwright, Antoine Vitez, on his approach to theater. Nonetheless a close reading of the epistolary exchanges between Kaliksy and Vitez and others writers clearly shows that Gary’s impact on Kaliksy indeed preceded the ideas he purported to have found in Vitez. In fact, one may see some similarity between Gary’s renewal of the art of narrative and that Vitez brought to theater. Kaliksy indeed had once qualified Europa as an « extraordinary theatrical » novel. This study renders unto Gary the essential part he played in Kalisky’s intellectual development.

Agnese Silvestri, « Surjouer » avec le feu: Le Pique-nique de Claretta et la mise en scène de Vitez
This article focuses on the encounter between René Kalisky and Antoine Vitez, with specific emphasis on the production of Le Pique-nique de Claretta in 1974. It also examines the reasons of their mutual discovery based on an interest in going beyond the precepts of Brechtian theatre and their common search for a renewal of dramatic forms. Thanks to a large variety of documents (correspondence, unpublished drafts, working papers, newspapers reviews), this work analyses from a dramaturgic point of view the differences between Kalisky’s text and the production of the play. Vitez’s mise-en-scène of Le Pique-nique reveals the Belgian author’s position to evince a wider degree of freedom from contemporary ideological and cultural schemata than might be indicated in the written text. Kalisky aims at a new theatrical model that avoids simplistic, clear-cut structures, and boldly conceives of his theatrical model as a weapon against new forms of Fascism.

Marc Quaghebeur
Né à Tournai (1947). Docteur en Philosophie et Lettres de l’Université catholique de Louvain, avec une thèse consacrée à L’Œuvre nommée Arthur Rimbaud. À la tête des Archives & Musée de la Littérature (Bruxelles) depuis 1980. Président de l’Association européenne des Études Francophones. Dirige les collections ou périodiques Archives du Futur, Documents pour l’Histoire des Francophonies, Congo-Meuse, Papier blanc Encre noire et Balises. A organisé de multiples expositions pluridisciplinaires et colloques. Ses publications scientifiques comportent des centaines d’articles, de nombreux volumes collectifs ainsi que des livres : Alphabet des lettres belges de langue française, 1982 ; Lettres belges. Entre absence et magie, 1990 ; Une lecture de Oui de Thomas Bernhard, 1990 ; Balises pour l’histoire des lettres belges, 1998 ; Entre réel et surréel. Anthologie de la littérature française de Belgique, 2005 ; Histoire, Forme et Sens en Littérature : La Belgique francophone. L’Engendrement (1815-1914), 2015. Écrivain, a développé une œuvre poétique composée des Cycles de la Morte et des Vieillards, ainsi qu’un roman : Les Grands Masques (2012).

Elena Quaglia
Elena Quaglia est doctorante à l’Université de Vérone en cotutelle avec l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense ; sa thèse « L’identité juive en question : Irène Némirovsky, Patrick Modiano et Marc Weitzmann » est co-dirigée par Rosanna Gorris Camos et par Dominique Viart. Elle a participé à de nombreux colloques et publications scientifiques, avec des contributions portant plus particulièrement sur les écritures de la judéité et sur la littérature française de l’extrême contemporain. Elena Quaglia bénéficie d’une bourse de fin de thèse de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Aurélia Kalisky
Aurélia Kalisky est chercheuse en littérature comparée au Centre Marc Bloch de Berlin et enseigne en Études Juives à l’Université de Potsdam. Elle a consacré ses recherches à la question du témoignage en littérature et à celle de sa transmission au sein de la mémoire culturelle et des politiques mémorielles liées à la violence politique extrême (génocide des Héréros et Namas, Shoah et camps nazis, génocide des Tutsi et plus récemment, guerre civile en Syrie). Elle a travaillé sur les œuvres d’auteurs comme Imre Kertész, Jean Améry, Piotr Rawicz, HG Adler, Soma Morgenstern, et est auteure de L’Enfant et le génocide. Témoignages sur l’enfance pendant la Shoah (Laffont, 2007, avec Catherine Coquio), Du témoignage à la création testimoniale. Pour une histoire culturelle du testimonial (Classiques Garnier fin 2016) et Die Zertrennung. Die Handschriften des Salmen Gradowski, édition critique suivie d’un essai (Suhrkamp, à paraître en 2017).

David Willinger
Dr. David Willinger has translated both René Kalisky’s Dave au bord de mer and Jim le Téméraire into English, as well as having directed Jim le Téméraire in its only English-language production to date. He is also co-editor and translator with Daniel Gerould of A Maeterlinck Reader, as well as having directed productions of Maeterlinck’s Les Aveugles, Le Miracle de Saint-Antoine, and La Mort de Tintagiles. He has published widely on Belgian theatre, both francophone and Flemish. He is currently preparing a book about the works of the Flemish director, Ivo van Hove. He is Professor of Theatre at City College and the Graduate Center, CUNY.

Annamaria Laserra
Professeure de littérature française à l’Université de Roma II, puis à l’Université de Salerno, Annamaria Laserra a publié de nombreux essais sur la littérature du XIXe (poésie romantique, littérature fantastique, roman historique, naturalisme) et du XXe siècles (avant-gardes, essayistes, rapports entre littérature et anthropologie, littérature et sciences, littérature et mémoire historique). Ses travaux actuels portent sur le théâtre du XVIIe siècle (Molière, Thomas Corneille). Dans le contexte de la littérature belge, elle a édité aux éditions Peter Lang Histoire, mémoire, identité dans la littérature non fictionnelle, 2007 et Album Belgique, 2010 ; elle a co-dirigé le colloque Mémoires et antimémoires littéraires du XXe siècle: la Première Guerre Mondiale à Cerisy-la-Salle en 2005, et en a co-édité les actes (Peter Lang, 2008). Elle est également l’auteure d’essais sur De Coster, Maeterlinck, Louvet, Lecomte, Nougé, Mertens. Elle dirige actuellement la collection « Anamorfosi » pour les éditions Euno de Leonforte (Enna, Italie).

Agnese Silvestri
Agnese Silvestri (1969) est professeure « associata » de littérature française à l’Université de Salerne (Italie). Spécialiste du XIXe et du XXe siècle, elle fait partie du comité de rédaction de Francofonia. Elle s’intéresse aux rapports entre créativité littéraire, mémoire historique et idéologie. Dans cette perspective, elle a étudié l’œuvre de Roger Caillois, la littérature de la Grande Guerre, les romans de George Sand et de Balzac, le rôle des intellectuels dans l’Affaire Dreyfus (Il caso Dreyfus e la nascita dell’intellettuale moderno, Franco Angeli, 2012). Elle a consacré de nombreuses études à René Kalisky, ainsi que la première monographie sur cet auteur, René Kalisky, une poétique de la répétition (Peter Lang, 2007) ; l’ouvrage a fait l’objet d’une mention spéciale dans le palmarès du Prix Littéraire de Francesistica des Thermes de Saint-Vincent en 2009.

Interviews et inédits/Interviste e inediti

René Kalisky, Antoine Vitez, Correspondance inédite (1973-1981) éditée et présentée par Agnese Silvestri

C. Calyre (René Kalisky), Sarah Kaliski, Charles le Téméraire contre Louis le Rusé, avec une présentation de Marc Quaghebeur

Notes de lecture/Schede

Pubblicato con contributi del Dipartimento di Lingue, Letterature e Culture Moderne dell’Università di Bologna e del Service de la Promotion des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

ISBN 978 88 222 6488 6

2017-07-25T22:55:22+00:00