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Printemps / Primavera 2017

Rimbaud le voyant ? 

sous la direction de Yann Frémy

Sommaire / Indice

Yann Frémy, Voir Rimbaud

Philippe Rocher, Forme(s), informe, effarement

Alain Vaillant, Rimbaud poète « voyant », entre antiquité et modernité

Samia Kassab-Charfi, Abdoh Rimb et la conscience de l’histoire. Essai de lecture anachronique de Rimbaud

Christophe Bataillé, Cueille le jour présent de L’Éternité

Denis Saint-Amand, Rimbaud flâneur

Henri Scepi, Remarques sur la « voyance » dans la poétique de Rimbaud

Seth Whidden, Voir, vivre, partir

Hisashi Mizuno, Réinventer la poésie. Des Lettres du Voyant aux Illuminations

Sylvain Ledda, Musset-Rimbaud : paradoxe des haines fécondes

Steve Murphy, La double vision des Premières communions (approche en zigzag)

Philippe Rocher, Forme(s), informe, effarement
Le projet poétique rimbaldien de la lettre à Demeny du 15 mai 1871 accorde une place centrale au statut de la forme et relève par ailleurs d’une poétique de l’effarement éclairée par le rapport étroit encore entretenu avec le poème Ophélie, qui exprime déjà le besoin d’« inspecter l’invisible et [d]’entendre l’inouï » et celui concomitant de trouver une langue et des formes nouvelles contre une parole étranglée.

Alain Vaillant, Rimbaud poète « voyant », entre antiquité et modernité
Le projet poétique rimbaldien de la lettre à Demeny du 15 mai 1871 accorde une place centrale au statut de la forme et relève par ailleurs d’une poétique de l’effarement éclairée par le rapport étroit encore entretenu avec le poème « Ophélie », qui exprime déjà le besoin d’« inspecter l’invisible et [d]’entendre l’inouï » et celui concomitant de trouver une langue et des formes nouvelles contre une parole étranglée.

Samia Kassab-Charfi, Abdoh Rimb et la conscience de l’histoire. Essai de lecture anachronique de Rimbaud
L’écriture de Rimbaud est traversée de références, d’allusions aux événements du monde. Le flux poétique, sensible au « besoin de barbarie » et à la violence de l’Histoire, se double d’une conscience politique affleurant sous l’imaginaire. En expérimentant une lecture de type affabulant, à la manière d’Yves Citton, nous avons voulu réinterroger certains textes de Rimbaud, nous demandant s’il n’y a pas chez lui une pensée participative par anticipation de l’Histoire, et la vigilance d’une conscience historique prospective. Cette conscience prospective prend effet dans une poétique pré-postcoloniale qui théâtralise les traces violentes de conflits ainsi que les transfigurations hétérotopiques de la Colonie par la Métropole. En ce sens, lire c’est aussi « arriver à l’inconnu », pressentir les désastres de l’Histoire des impérialismes, même si cet inconnu n’est pas immédiatement connaissable.

Christophe Bataillé, Cueille le jour présent de L’Éternité
La poétique de la voyance théorisée en mai 1871 nécessite d’emblée une introspection visant à inspecter son âme. Un an plus tard, dans le poème « L’Éternité », le corps périssable (le locuteur) cherche à convaincre son « Âme » immortelle (l’allocutaire) – laquelle devra rendre compte lors du jugement particulier des actes de la chair durant sa vie terrestre – d’abandonner sa conception chrétienne de l’existence pour revenir à une conception antique dominée par le carpe diem.

Denis Saint-Amand, Rimbaud flâneur
Avant de parvenir à atteindre ce qui échappe au commun des mortels, qui demeure hors de portée des sens naturels et qui outrepasse la raison, il faut pour Rimbaud devenir un observateur hors pair du quotidien, jusque dans l’intimité de ses concitoyens : plus qu’un voyant, le poète se présente dès lors comme un voyeur doublé d’un flâneur, héritier de la modernité baudelairienne. Ce point de vue et l’option esthétique qui en procède participent d’un processus d’apprentissage et de maturation où Rimbaud, de la province à la capitale, se promène, observe, lit et capte, pour donner à lire des reconfigurations satiriques d’espaces publics et de ceux qui les hantent.

Henri Scepi, Remarques sur la « voyance » dans la poétique de Rimbaud
L’article se propose de revenir sur la question du « poète voyant » dans son contexte d’émergence, c’est-à-dire les lettres du 13 et du 15 mai 1871, afin d’évaluer son incidence programmatique et sa force de rupture. Car l’hypothèse mise en avant consiste à examiner les conditions de possibilité d’un langage défigé, habile à rénover et à diversifier les régimes de l’image poétique en brisant les écrans de la convention comme les routines de l’usage pour ouvrir les voies insoupçonnées d’un retour turbulent au réel.

Seth Whidden, Voir, vivre, partir
Si la critique rimbaldienne insiste souvent sur la vision chez Rimbaud, cet intérêt s’arrête au moment où le poète quitte l’Europe. Cependant, dans l’écriture qui persistait pendant sa vie après la poésie, la vue et les visions continuaient de préoccuper Rimbaud : les paysages différents ont exigé de nouveaux modes de les voir. La présente étude se propose de considérer les réflexions de Rimbaud aux restes de la voyance après la poésie : ses réflexions sur et ses démarches vers de nouveaux approches de voir, et comprendre le monde et la capacité (et la difficulté) de rendre intelligible les choses vues.

Hisashi Mizuno, Réinventer la poésie. Des Lettres du Voyant aux Illuminations
Dans les « Lettres du voyant » de 1871, Arthur Rimbaud ambitionne d’être un poète-voyant sur les traces de la poétique de Charles Baudelaire, poète du « Voyage ». Deux ans plus tard, dans les Illuminations, il va au-delà du roi des poètes, pas seulement par la forme mais aussi dans l’ordre de la langue poétique elle-même ; en jonglant avec les mots dans le délire raisonné des sens, il parvient à inventer une nouvelle poésie qu’on pourrait dire non référentielle ni représentative ; l’esprit de jeu délivre le jeune poète de la contrainte de la versification traditionnelle, et de plus, du principe de la réalité. Voilà un des effets des poèmes des Illuminations, auxquels le destinateur des lettres du voyant est arrivé grâce au dérèglement raisonné des sens en tous sens.

Sylvain Ledda, Musset-Rimbaud : paradoxe des haines fécondes
En 1871, dans sa célèbre lettre à Paul Demeny, Rimbaud attaque Musset et sa poésie. Cet article explore les enjeux de cette condamnation sans appel.

Steve Murphy, La double vision des Premières communions (approche en zigzag)
Rimbaud a composé Les Premières Communions en juillet 1871, peu après la Semaine sanglante. Son diptyque compare les expériences religieuses de jeunes femmes dans les villages français et à Paris. Selon lui, la communauté paysanne échappe à l’hystérie induite par la verticalité de l’église urbaine, par son ornementation luxueuse et ses cérémonies hypnotiques. Cette Église plus riche vole les énergies d’une jeune femme isolée et sexuellement naïve : après un moment d’extase mystique, elle a le sentiment d’avoir été violée par le Christ. Des éléments de la logique de cette étude de l’endoctrinement proviennent de Madame Bovary, roman bien connu pour sa référence à l’hystérie depuis la recension baudelairienne. Cette exploration de l’hégémonie réactionnaire après la chute de la Commune analyse les effets pathologiques de conceptions visionnaires et le lecteur, et surtout la lectrice, doit voir clairement comment la communiante a été aveuglée pour pouvoir parvenir à résister.

Philippe Rocher, Forme(s), informe, effarement
The poetic project of Rimbaud’s letter to Demeny (Mai the 15th, 1871) gives a central role to the status of the form and falls within a poetic of astonishment, clarified by the strong connection with the poem « Ophélie », which already expresses the need « to inspect the invisible and to hear the unbelievable » and at the same time the need to find a new language and new forms against a chocked language.

Alain Vaillant, Rimbaud poète « voyant », entre antiquité et modernité
The shocking phrases in the two « Lettres du Voyant » could suggest that Rimbaud had definitively given up on the antique ideal of beauty for a totally new esthetic based on the famous « dérèglement de tous les sens ». A closer examination of the texts, however, shows that Rimbaud, who had just left high school and was steeped in antic humanities, admired and idealized, as all his contemporaries did, what they called the « Greek miracle ». Hence perhaps what was for Rimbaud his greatest and most insuperable contradiction : the regret of lost beauty on the one hand and the refusal of nostalgia on the other.

Samia Kassab-Charfi, Abdoh Rimb et la conscience de l’histoire. Essai de lecture anachronique de Rimbaud
References and allusions to the events of the world trickle through the lines of Rimbaud. The poetic flow, sensitive to the « need for barbarism » and the violence of history, is coupled with a political consciousness burgeoning underneath the imagination. By experimenting a type of reading that gives free reign to fabulation, in the style of Yves Citton, we endeavored to reinterrogate some of Rimbaud’s texts, wondering whether they hold a participative thought in anticipation of History, and vigilance of a prospective historical consciousness. This prospective consciousness takes effect in a pre-postcolonial poetics that dramatizes the violent traces of conflicts as well as the heterotopic transfigurations of the Colony by the Metropolis. In this sense, to read is also to « reach the unknown »; to foresee the disasters of the history of imperialisms, even if this unknown is not immediately knowable.

Christophe Bataillé, Cueille le jour présent de L’Éternité
The poetics of clairvoyance, which was theorized in May 1871, needed first of all an introspection aiming at inspecting its soul. A year later, in the poem « L’Éternité », the perishable body (the speaker) tries to persuade its immortal « Soul » (the addressee) – that will have to give an account, at the moment of the final judgement, of the acts of the body during his life on earth – to quit its Christian vision of life to go back to an ancient perspective ruled by the carpe diem principle.

Denis Saint-Amand, Rimbaud flâneur
According to Rimbaud, before being able to achieve what is out of the ordinary, what lies out of our senses’ reach and what goes beyond our reason, we need to become excellent observers of everyday life and even of what belongs to our fellow citizens’ private life: so, rather than a « voyant », the poet is a « voyeur » as well as a « flâneur », who inherits baudelairian modernity. This perspective and the resulting aesthetic choice are part of a learning and maturity process in which Rimbaud takes a walk, observes, reads and tries to grasp, in the province as well as in the capital, in order to provide the reader with satirical reconfigurations of public spaces and their inhabitants.

Henri Scepi, Remarques sur la « voyance » dans la poétique de Rimbaud
The article proposes to return to the question of the “poète voyant” in its context of emergence, that is to say, the letters of 13 and 15 May 1871, in order to assess its programmatic impact and its Rupture. For the hypothesis put forward is to examine the conditions of possibility of a defective language, skillful to renovate and diversify the regimes of the poetic image by breaking the screens of the convention as routines of use to open the unsuspected ways of a turbulent return to reality.

Seth Whidden, Voir, vivre, partir
The interest that criticism focuses on Rimbaud’s formulations of vision has tended to stop at the moment the poet leaves Europe. Nevertheless, the writing that persisted during his poet-poetic life continued to be preoccupied with sight and visions : new landscapes required new ways of seeing them. The present study considers Rimbaud’s thoughts of what was left of la voyance after poetry : reflections on and steps toward new approaches of seeing and understanding, as well as the ability (and the difficulty) of making sense of choses vues.

Hisashi Mizuno, Réinventer la poésie. Des Lettres du Voyant aux Illuminations
« Reinvent the poetry – from the “Lettres du voyant” to the Illuminations ». In the « Lettres du voyant » of 1871, Arthur Rimbaud aspires to be a « poète-voyant » in the footsteps on the poetry of Charles Baudelaire, poet of the « Voyage ». Two years later, in the Illuminations, he goes beyond the king of the poets, not only by the form, but also in the order of the poetic language itself ; by juggling with the words in the reasoned delirium of the senses, he arrives to invent a new poetry, that you could call non referential or not representative ; the spirit of game delivers the young poet from the contraint of traditional versification, and more, from the principle of reality. This is one of the effects of the poems of Illuminations, to which the sender of the « Lettres du voyant » arrived by virtue of the reasoned delirium of the senses in all directions.

Sylvain Ledda, Musset-Rimbaud : paradoxe des haines fécondes
In 1871, in its famous letter to Paul Demeny, Rimbaud attacks Musset’s poetry. This article explores the reasons of this condemnation.

Steve Murphy, La double vision des Premières communions (approche en zigzag)
In July 1871, shortly after the « Semaine sanglante », Rimbaud wrote Les Premières Communions, a diptych which compares the religious experiences of young women in villages and in Paris. He suggests that the peasant community is safe from the hysteria induced by the verticality of urban churches with their rich decoration and hypnotic ceremonies. This richer Church robs a young, isolated and sexually naïve woman of her energy : after a moment of mystical rapture, she feels that she has been raped by Jesus. Elements of the logic of this study of indoctrination come from Madame Bovary, well-known since Baudelaire for its reference to hysteria. Rimbaud’s exploration of reactionary hegemony after the fall of the Paris Commune is an analysis of the pathological effects of visionary conceptions and the reader must see clearly how the communiante has been blinded to reality in order, himself and especially herself, to resist.

Yann Frémy
Agrégé et docteur ès lettres, Yann Frémy est membre associé du CERIEL à l’Université de Strasbourg. Ancien corédacteur de Parade sauvage, revue d’études rimbaldiennes, et de la Revue Verlaine, il est l’auteur de « Te voilà, c’est la force ». Essai sur Une saison en enfer (Classiques Garnier, 2009), de Verlaine. La parole ou l’oubli (Academia, 2013), de Mémoires inquiètes. De Rimbaud à Ernaux (Academia, 2014) et d’une œuvre de fiction : Soleil froid et autres nouvelles (Academia, 2016). Il a assuré la direction de plusieurs volumes collectifs : Forces de Verlaine (Revue des sciences humaines, n. 1, 2007), Énigmes d’Une saison en enfer (Revue des sciences humaines, n. 1, 2014) et de « Je m’évade ! Je m’explique. » Résistances d’Une saison enfer » (Classiques Garnier, 2010). Avec Solenn Dupas et Henri Scepi, il est l’un des éditeurs scientifiques d’Un concert d’enfers. Vies et poésies d’Arthur Rimbaud et Paul Verlaine (Gallimard, « Quarto », 2017).

Philippe Rocher
Membre du comité de rédaction de Parade Sauvage et de la Revue Verlaine, auteur de plusieurs articles sur Rimbaud et Verlaine et d’une thèse soutenue en janvier 2016 sous la direction de Benoît de Cornulier : Effarés à la loupe. Contribution à une poétique de Rimbaud.

Alain Vaillant
Alain Vaillant est professeur de littérature française et directeur du Centre des sciences de la littérature française (CSLF) à l’université Paris Nanterre. Il est spécialiste du romantisme, de poétique historique, d’histoire de la poésie et d’histoire des institutions littéraires au xixe siècle ; plus généralement, il est un théoricien de l’histoire littéraire. Il a consacré de nombreux travaux au lyrisme et à la poétique du vers syllabique ainsi qu’à l’esthétique du rire dans la culture et la littérature modernes. Par prédilection, il a étudié tout particulièrement, parmi les poètes du xixe siècle, Hugo, Baudelaire et Rimbaud (il co-dirige avec Yann Frémy un Dictionnaire Rimbaud, à paraître aux classiques Garnier). Ses plus récents ouvrages sont : Baudelaire poète comique, Rennes, PUR, 2007 ; L’Histoire littéraire, Paris, Colin, coll. « U », 2010 et 2017 ; Baudelaire journaliste (anthologie), Paris, GF–Flammarion, 2011 ; Le Veau de Flaubert, Paris, Hermann, 2013 ; L’Art de la littérature, Garnier, 2016 ; Qu’est-ce que le romantisme ?, CNRS éditions, 2016 ; La Civilisation du rire, CNRS éditions, 2016.

Samia Kassab-Charfi
Samia Kassab-Charfi est tunisienne, professeur de littérature française et francophone à l’Université de Tunis. Auteur de La Métaphore dans la poésie de Baudelaire (Tunis, Alif, 1997), Rhétorique de Saint-John Perse (Tunis, 2008), « Et l’une et l’autre face des choses ». La Déconstruction poétique de l’Histoire dans Les Indes et Le Sel noir d’Édouard Glissant (Paris, Champion, 2011), Patrick Chamoiseau (Paris, Gallimard/Institut français, 2012 ; traduit en anglais et en japonais), Mémoires et Imaginaires du Maghreb et de la Caraïbe (collectif, avec M. Bahi ; Paris, Champion, 2013), Mille langues et une œuvre (collectif, avec François Rastier; Paris, Éditions des Archives contemporaines, 2016). Membre depuis 2009 du Jury du Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-monde, membre correspondante pour le Maghreb de l’Académie des Sciences d’Outre-mer, membre de l’Observatoire Européen du Plurilinguisme, du Conseil scientifique de l’Association Européenne d’Études Francophones et directrice de la collection SEFAR aux Éditions Academia-Harmattan (Belgique/France).

Christophe Bataillé
Christophe Bataillé est docteur en littérature et civilisation française (Paris Sorbonne – Paris IV) avec une thèse consacrée aux Déserts de l’Amour de Rimbaud (essai à paraître : Triptyque des Déserts de l’Amour de Rimbaud. Philologie, généricité, textualité). Membre du comité de rédaction de la revue Parade sauvage, revue d’études rimbaldiennes (Classiques Garnier) et de la Revue Verlaine (Classiques Garnier), il est également l’auteur à ce jour d’une vingtaine d’articles consacrés à Baudelaire, Rimbaud, Verlaine et Valery Larbaud. Il collabore au tome III des Œuvres complètes de Rimbaud en cours de publication sous la direction de Steve Murphy (Champion) ainsi qu’au Dictionnaire Rimbaud sous la direction de Yann Frémy et Alain Vaillant (Classiques Garnier) dont il a à charge 25 entrées.

Denis Saint-Amand
Docteur en langues et lettres, Denis Saint-Amand est l’auteur des ouvrages La Littérature à l’ombre. Sociologie du Zutisme (Classiques Garnier, 2012), Le Dictionnaire détourné (PUR, 2013), La dynamique des groupes littéraires (dir. – PULg, 2016) et La Préface. Formes et enjeux d’un discours d’escorte (dir. avec Marie-Pier Luneau – Classiques Garnier, 2016). Coéditeur d’une édition de l’Album zutique et des Dixains réalistes avec Daniel Grojnowski (GF, 2016), il codirige également les revue Parade sauvage et COnTEXTES. Il coordonne avec Anthony Glinoer le projet Lexique Socius (http://ressources-socius.info/index.php/lexique).

Henri Scepi
Professeur à l’Université Sorbonne nouvelle Paris 3, Henri Scepi s’intéresse à la poésie du 19e et du 20e siècle. Il est l’auteur de plusieurs essais dont Poétique de jules Laforgue (2000), Poésie vacante. Nerval, Mallarmé, Laforgue (2008) et Théorie et poétique de la prose, d’Aloysius Bertrand à Léon-Paul Fargue (2012). Il a consacré à Hugo, Baudelaire, Lautréamont, Mallarmé, Laforgue, Verlaine et Rimbaud de nombreux articles. Dernier ouvrage paru : Jean Cassou, Trente-trois sonnets composés au secret (édition commentée, Gallimard, 2016). A paraître en 2017 : Rimbaud/Verlaine. Vie et poésie. Un concert d’enfers,  avec Solenn Dupas et Yann Frémy, Gallimard, coll. Quarto.

Seth Whidden
Ancien corédacteur de Parade sauvage, Seth Whidden est professeur de littérature française à l’Université d’Oxford (Queen’s College) et chercheur associé à l’IHRIM (Institut d’Histoire des Représentations et des Idées dans les Modernités). Rédacteur en chef de la revue scientifique Nineteenth-Century French Studies, il est l’auteur de nombreux articles et essais sur la littérature du dix-neuvième siècle, dont Authority in Crisis in French Literature (2014) et Leaving Parnassus : The Lyric Subject in Verlaine and Rimbaud (2007). Il a dirigé les ouvrages collectifs La Poésie jubilatoire : Rimbaud, Verlaine et l’Album zutique (2010) et Models of Collaboration in Nineteenth-Century French Literature : Several Authors, One Pen (2009) et l’édition critique Poèmes choisis, suivis d’Essais critiques de Marie Krysinska (2013). Il travaille actuellement sur une biographie de Rimbaud.

Hisashi Mizuno
Hisashi Mizuno, professeur de l’université Kwansei Gakuin au Japon. Auteur de Nerval. L’écriture du voyage, (Champion, Poète ne prose, Kimé, 2003), Nerval. Poète en prose (Kimé, 2013) et Rimbaud entre vers et prose. Des lettres du voyant à l’Alchimie du verbe (Kimé, 2014). Il travaille également sur les influences réciproques des littératures française et japonaise, dont un des fruits est la publication de l’Alchimie du verbe : Villon, Rimbaud et Nerval dans la littérature japonaise moderne (Kasama Shoin, 2012).

Sylvain Ledda
Sylvain Ledda est professeur de littérature française à l’Université de Rouen-Normandie, spécialiste du romantisme français. Il a notamment consacré de nombreux travaux à Alfred de Musset, dont il a édité l’œuvre en prose ainsi que plusieurs de ses pièces. En 2017, il publie un essai intitulé Le théâtre d’Alfred de Musset (éd. Ides et Calendes).

Steve Murphy
Steve Murphy est professeur à l’Université Rennes 2 (CELLAM). Il est spécialiste du XIXe siècle et notamment de Baudelaire (Logiques du dernier Baudelaire. Lectures du Spleen de Paris, Paris, Champion, 2003 et réédition 2007), Verlaine (Marges du premier Verlaine, Paris, Champion, 2003) et Rimbaud. Son dernier livre, Rimbaud et la Commune, est sorti aux Éditions Classiques Garnier en 2010. Il finit en ce moment trois ouvrages, Logiques complexes d’Un cœur simple, Homais et Cie. Les dessous de Madame Bovary et Dans le labyrinthe de Louis Bertrand.

Comptes rendus/Recensioni

J.-P. Bertrand, Inventer en littérature. Du poème en prose à l’écriture automatique (L. Magno)

A. Leblond, Sur un monde en ruine. Esthétique du roman-fleuve (C. Biondi)

O. Bessard-Banqui, P. Jourde (dir.), Chevillard dans tous ses états (F. Martin-Achard)

K. Gyssels, Black-Label ou les déboires de Léon-Gontran Damas (J.-P. Madou)

A. Coudreuse, La Conscience du présent. Représentations des Lumières dans la littérature contemporaine (P. Oppici)

Notes de lecture/Schede

Pubblicato con un contributo del Dipartimento di Lingue, Letterature e Culture Moderne dell’Università di Bologna.

2017-06-21T11:22:45+00:00