Sommaire / Indice

Andrea Bedeschi, Le Christ à Montparnasse de Max Jacob: un dossier pour quel ouvrage?

Nicola Fanfoni, Da macchietta a mito. Le icone di Des Entrayes nei romanzi di Céline

Adriano Marchetti, Joë Bousquet: un homme clairvoyant dans les ténèbres

Christine Van Rogger Andreucci, Chants et contrechants du lyrisme dans Fièvre et guérison de l’icône de Salah Stétié

Michel Brix, Baudelaire était-il platonicien?

Andrea Bedeschi, Le Christ à Montparnasse de Max Jacob: un dossier pour quel ouvrage?
Pour la coïncidence de son titre avec le premier que Max Jacob avait attribué à La Défense de Tartufe, le dossier des manuscrits du poète Le Christ à Montparnasse, conservé à la Bibliothèque Littéraire J. Doucet de Paris, a jusqu’ici été considéré comme le dossier de cet ouvrage de 1919. Or, une analyse de ce groupe de manuscrits montre que la situation est plus incertaine et plus complexe : c’est aussi, et peut-être surtout, le recueil poétique Le Laboratoire central de 1921 que cet ensemble de poèmes de 1917 invite à prendre en considération.

Nicola Fanfoni, Da macchietta a mito. Le icone di Des Entrayes nei romanzi di Céline
A l’exception de Mort à crédit, la Grande Guerre est un thème qui revient dans tous les romans de Céline, en forme de récit ou d’évocation hallucinée. Dans les trois pamphlets antisémites écrits entre 1937 et 1941, Céline utilise le motif de la guerre 1914-1918, la «der des der», pour renforcer ces théories et convaincre le lecteur moyennant un épisode collectif capable de réveiller l’émotivité et le patriotisme blessé. La pauvre France – explique Céline – en était là : dans les années 30, sous le joug d’un pouvoir caché qui en minait l’authenticité (Bagatelles pour un massacre) ; depuis 1939, la décadence française s’était carrément manifestée au moment de l’agression allemande (Les Beaux Draps). L’écrivain ne manque pas de peindre ce qu’il définissait une retraite honteuse comme le symbole d’une nation abâtardie et moribonde. Face à la défaite, Céline va élaborer l’idée mythique et revancharde d’une Armée et d’une France d’antan. A partir de Guignol’s band, cette notion réactionnaire s’effigie dans l’image d’un des figurants qui animent l’univers célinien : le Colonel Des Entrayes. L’analyse des apparitions de Des Entrayes montre les différentes positions adoptées par Céline au sujet de la guerre.

Adriano Marchetti, Joë Bousquet: un homme clairvoyant dans les ténèbres

Christine Van Rogger Andreucci, Chants et contrechants du lyrisme dans Fièvre et guérison de l’icône de Salah Stétié
Le dernier recueil du poète Salah Stétié Fièvre et guérison de l’icône présente un jeu de chants et contrechants. Cette étude montre comment le lyrisme n’exclut pas une forme narrative. Mais il s’agit plus encore d’une mise en scène de la parole poétique dont l’aspect théâtral est volontairement forcé. La méta-énonciation y est constante, dénonçant ses propres illusions alors qu’on croit avoir affaire parfois à d’authentiques récits de rêve. On y verra les images à nouveau assumées comme essentielles à l’écriture poétique ; celles-ci maintiennent dans une incertitude entre rêve et réalité, médiatrice entre être et néant. Et si la dérision paraît frapper d’inanité cet univers de fiction, l’objet de parole qu’est le poème, cet «objet sonore», transmet, par un rythme incantatoire dont on étudiera les grands aspects, sa seule légitimité, celle du chant humain. Il s’agit de souligner comment S. Stétié répond aux impasses poétiques de notre temps en réaffirmant la possibilité du chant et du lyrisme mais dans une forme qui sans cesse se contredit, s’autoparodie dans ses excès, tente une trouée vers un au-delà pour être renvoyée à la finitude humaine.

Michel Brix, Baudelaire était-il platonicien?
Une large frange de la critique dix-neuviémiste regarde Baudelaire comme un poète platonicien. Des ouvrages célèbres ont soutenu cette thèse, qui ne semble jamais cependant avoir rencontré l’assentiment général des lecteurs. Il ne s’agit pas – loin de là – d’un problème sans importance. La réponse à la question qui fait l’objet de cet article conditionne en effet l’inscription de Baudelaire dans le romantisme française, courant littéraire qui se fond en France sur une renaissance platonicienne, dont Madame de Staël et Victor Cousin furent les maîtres d’œuvre. L’article fait le relevé des caractères de l’inspiration platonicienne et s’interroge sur leur présence dans l’œuvre de Baudelaire. Sont ainsi successivement étudiés les rapports du Beau et du Bien, la question du Beau idéal, ainsi que les thématiques des correspondances et de la fonction du poète.

Notes et commentaires/Note e rassegne

Robert Richard, L’écriture bilingue n’existe pas

Michel Philippon, Paul Valéry, la production sur commande et ses bénéfices inattendus

Martin Rueff, « Exister, c’est être perçu ». Notule sur l’esthétique de Gérard Genette

Comptes rendus/Recensioni

H. DeSaint-Denys GarneauPoèmes choisis. Poesie scelte. Choix et présentation de H. Dorion/Traduzione e prefazione di M. Zito (Gilles Dupuis)

M. Pleynet, Le plus court chemin. De Tel Quel à L’Infini(Gianni Poli)

J.-P. Galvan, Les Mystères de Paris. Eugène Sue et ses lecteurs (Patrizia Oppici)

Ch. BaudelaireIl mio cuore nudo. Introduzione, traduzione e note di Nicola Muschitiello (Paolo Budini)
Maeterlinck hors de France (Jean Robaey)

A. Canepa’Adame Miroir di Jean Genet. Il sogno di un’estetica danzata. Con una nota di Gianni Poli (Stefano Termanini)

Notes de lecture/Pubblicazioni ricevute e schede

Actualités/Notiziario

Pubblicato con contributi del Ministero dell’Università e della Ricerca Scientifica e Tecnologica, e dell’Università di Bologna. Lavori eseguiti con un contributo del C.N.R.