Sommaire / Indice

Ilaria Vitali, Marivaudage ou tchatche? Jeux de masques et travestissements linguistiques dans L’Esquive d’Abdellatif Kechiche

Alessandro Corio, «Une nécessité fulgurante d’intervention»: delirio verbale, imitazione ironica e linguaggio a venire in Malemort di Édouard Glissant

Maha Badr, La connaissance productive du réel dans la poésie de Georges Schehadé

Agnese Silvestri, Au pas de course contre le temps: Quoi de neuf, Aruspice? de Jean Sigrid

Ilaria Vitali, Marivaudage ou tchatche? Jeux de masques et travestissements linguistiques dans L’Esquive d’Abdellatif Kechiche
Dans le film L’Esquive le réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche met en scène un groupe d’adolescents d’une cité de banlieue qui doit représenter le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux dans le cadre d’un spectacle de fin de trimestre. La «greffe» de la pièce du XVIIIe siècle dans l’univers des banlieues produit des effets surprenants et invite à réfléchir sur le masque théâtral, sur l’usage des registres et sur les travestissements linguistiques. Loin d’être un simple ajout, la comédie marivaudienne constitue l’axe du film ainsi que la clef pour en comprendre les enjeux.

Alessandro Corio, «Une nécessité fulgurante d’intervention»: delirio verbale, imitazione ironica e linguaggio a venire in Malemort di Édouard Glissant
Malemort est considéré par la critique comme étant l’un des textes les plus difficiles et e les plus opaques d’Édouard Glissant. À travers une lecture qui privilégie les pratiques textuelles de l’imitation ironique et de la stylisation parodique, aussi bien que les thèmes de la chute et du dédoublement, l’essai souligne le rapport entre l’aliénation culturelle et économique de la société martiniquaise, le délire verbal et la rupture du lien entre le langage et le réel – l’éclatement du discours – qui constitue aussi le thème central du roman. Cette crise du langage et de la représentation littéraire inaugure, en même temps, la recherche d’une nouvelle «poétique du sujet» et d’un langage «à venir», qui favorise des pratiques nouvelles d’intervention, dans le réel et dans le «Tout-monde».

Maha Badr, La connaissance productive du réel dans la poésie de Georges Schehadé
L’étude porte sur Les Poésies de Georges Schehadé et se fixe pour objet la relation productive entre l’œuvre poétique et le réel. Il ne s’agit guère d’un détachement mais d’un décalage par rapport au réel. Il est question, en premier, d’interpréter le mode de figuration du «je» (l’énallage) qui, d’une part, manifeste la relation entre le sujet et le monde en les mettant en présence, d’autre part, met en scène la théâtralité du poème, garante du mouvement poétique et dessinant la trace émotive du sujet. Le poème crée une situation d’interlocution à partir de l’énonciation, de l’impératif et de l’infinitif, suggérant la performance et la liaison entre le dire et l’agir dans la poétique de la grâce. La présence du sujet est mise en relief aussi dans les commentaires de Schehadé sur certaines œuvres d’art. Il ne s’agit pas de les décrire par reproduction fidèle mais de s’impliquer dans leur mouvement selon une «co-naissance» productive, donnant une nouvelle vision du réel qui se présente comme «événement».

Agnese Silvestri, Au pas de course contre le temps: Quoi de neuf, Aruspice? de Jean Sigrid
Seule pièce de Jean Sigrid ayant l’Antiquité comme toile de fond, Quoi de neuf, Aruspice? constitue un tournant dans la production de l’auteur. Certains thèmes nouveauxapparaissent en effet dans la réflexion du dramaturge pour ne plus disparaître. La hantise de la mort, la préoccupation pour le temps qui s’échappe, le bilan amer de sa vie tenaillent Jules César, héros de la pièce. Le personnage jouit ici d’un statut singulier: on dirait qu’il connaît déjà son histoire, qu’il aspire à bien l’interpréter, qu’il craint cependant que quelqu’un puisse devenir César à sa place. Dans les scènes les plus importantes, la logique de la mise en abyme impose des procédés de distanciation qui permettent au protagoniste de réfléchir sur le sens de sa vie. Une vie à l’enseigne du grotesque, semble suggérer Sigrid, qui entreprend un jeu antiphrastique avec le théâtre de Victor Hugo et en particulier avec la pièce Ruy Blas Grâce au registre du grotesque, l’assassinat de César devient un spectacle tragique et comique, un parmi tant d’autres, typiques d’une société décadente.

Autour de la parodie/Parodia e dintorni

Carla Fratta, Léon-Gontran Damas «accanto e contro» Charles Perrault: da Riquet à la houppe a Yani-des-eaux

Jean-François Plamondon, Quand la parodie réclame une révolution: le projet manifestaire du Cid maghané

Anna Zoppellari, In morte di Ali: parodia, pastiche e pratiche intertestuali nei romanzi di Driss Chraïbi

Francesca Torchi, Willy Protagoras enfermé dans les toilettes di Wajdi Mouawad: un esempio di parodia della guerra

Notes et commentaires/Note e rassegne  

René Godenne, Sixième inventaire de la nouvelle française au XIXe siècle: du Derviche, conte oriental (1810) de De Boufflers au Père Milon (1899) de Maupassant

Comptes rendus/Recensioni

R. Godenne, La nouvelle de A à Z (C. Licari)

M. C. Gnocchi, Le Parti pris des périphéries (I. Vitali)

G. Martoccia, Hérodiade, Scène (P. Budini)

Marie d’Agoult/Daniel Stern. Eroina romantica e intellettuale, a cura di L. Colombo, F. Piva (L. Kreyder)

J. B. Bossuet, Discorso sugli Angeli Custodi (P. Budini)

Notes de lecture/Pubblicazioni ricevute e schede

Pubblicato con contributi dell’Università di Bologna e del Dipartimento di Lingue e Letterature Straniere Moderne.