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Printemps/Primavera 2020

Écrire avec les livres. Présences de la littérature française du passé dans les romans et récits contemporains

sous la direction de Silvia Disegni et Dominique Viart

Sommaire / Indice

Silvia Disegni, Préface
Dominique Viart, Écrire avec: le dialogue des livres et des siècles

Écritures lettrées 

Dominique Rabaté, Une rhapsodie des origines. Les Larmes de Pascal Quignard

Dominique Viart, Michon/Michelet: l’histoire apocryphe

Paolo Tamassia, François Bon et la « grande leçon » de Rabelais

Federico Corradi, Les moralistes classiques dans la fiction française contemporaine

Estelle Mouton- Rovira, Mémoire anti-romanesque et usages narratifs du lecteur: Diderot et Christine Montalbetti

Présences du XIXe siècle: les réalismes revisités

Marie-Ève Thérenty, Convergences: Vernon Subutex et La Comédie humaine

Elisa Bricco, La constellation Madame Bovary

Agathe Novak-Lechevalier, Jouer un siècle contre l’autre: Michel Houellebecq et le XIXe siècle

Silvia Disegni, Émile Zola dans L’Imitation du bonheur de Jean Rouaud

Laurent Demanze, Des enquêtes naturalistes aux romains documentaires contemporains. L’ombre portée d’Émile Zola

Héritages, traductions, réinvestissements

Jean-Marc Moura, Éléments d’une réécriture de la tradition orale dans l’œuvre d’Amadou Hampaté Bâ

Martine Van Geertruijden, Traduire l’intertextualité dans la littérature française contemporaine

Paola Crupi, Bovarysme et Spleen dans Vies Pøtentielles de Camille de Toledo

Sarah Nora Pinto, S’écrire avec les autres. Chloé Delaume et le travail de la citation dans Une femme avec personne dedans

Gilles Bonnet, La littérature n’est pas ma tondeuse à gazon (fantaisie, manuel & médialisation)

Inédit

Philippe Vilain, En moi la littérature

Dominique Rabaté, Une rhapsodie des origines. Les Larmes de Pascal Quignard
Cet article examine le rapport particulier de Pascal Quignard à l’histoire. Anti-roman historique, Les Larmes se situe du côté des annales et des chroniques anciennes, c’est-à-dire d’une histoire qui cherche la proximité de l’origine et non la construction d’une causalité qui rend intelligible le passé. La forme rhapsodique et fragmentaire de la narration rend compte de la volonté de restituer la double origine de la langue française (dans le Serment de Strasbourg et dans la Vie d’Eulalie), dont il faut rendre la force de nouveauté toujours actuelle.

Dominique Viart, Michon/Michelet : l’histoire apocryphe
Cette intervention montre l’importance de Michelet, auteur de l’Histoire de la révolution, pour Pierre Michon, qui convoque doublement l’historien dans son roman Les Onze – comme personnage et comme modèle d’écriture auquel il emprunte – ainsi que les usages plus larges qu’il fait de son œuvre et de son style dès Vies minuscules. L’article démontre comment cet usage s’inscrit dans une stratégie d’écriture plus vaste encore : une poétique de l’emprunt, de la « seconde main » (Montaigne) et du travestissement littéraire des textes historiques. Il montre enfin comment  l’écrivain constitue ainsi une Histoire apocryphe, qui joue avec l’érudition

Paolo Tamassia, François Bon et la « grande leçon » de Rabelais
François Bon effectue une lecture extrêmement originale de l’œuvre de Rabelais. En bousculant les classements canoniques de l’histoire littéraire, il considère Rabelais comme un auteur qui précède l’humanisme sans y appartenir tout à fait. François Bon montre alors comment, dans l’œuvre de l’auteur du Pantagruel, est visible l’effort d’établir, à travers la puissance du langage, un rapport entre le monde et une subjectivité antérieure à la formation du sujet moderne. Pour cela Rabelais est considéré notre contemporain : son époque et la nôtre ont un point en commun (l’une se trouve avant la formation du sujet moderne, l’autre juste après son échec). L’article montre aussi de quelle manière Rabelais est présent dans l’œuvre de François Bon.

Federico Corradi, Les moralistes classiques dans la fiction française contemporaine
En dépit de leur statut décentré au sein de la « littérature » et de la position problématique qu’ils occupent à la frontière de plusieurs disciplines, les moralistes classiques acquièrent à l’époque contemporaine une modernité paradoxale. Cet article prend en considération un certain nombre de textes d’auteurs contemporains – Pascal Quignard, Camille Laurens et Lydie Salvayre – qui nouent un dialogue avec les moralistes classiques avec des intentions et selon des modalités différentes. Dans tous ces textes, l’œuvre des moralistes est décontextualisée à plaisir, coupée de ses liens avec la culture de leur époque, pour dégager ce qui se cache de modernité déconcertante derrière la gangue anachronique et légèrement fade de leurs formules. Regardés depuis le présent, ces auteurs peuvent apparaître tour à tour comme des prophètes du relativisme moderne, des ancêtres du structuralisme ou les premiers pontifes de l’art pour l’art.

Estelle Mouton-Rovira, Mémoire anti-romanesque et usages narratifs du lecteur : Christine Montalbetti lectrice de Denis Diderot
Cet article propose, pour explorer la question de la présence des auteurs du passé dans la littérature du présent, d’examiner l’intertextualité de Jacques le fataliste de Denis Diderot, dans L’Origine de l’homme de Christine Montalbetti (2002). Métalepses, digressions, adresses au lecteur tendent en effet à réinscrire ce livre dans une tradition parodique et antiromanesque. Mais ces procédés sont aussi autant d’amorces romanesques, qui deviennent le support d’une réflexion théorique sur la place du lecteur dans la fiction. La relecture de Diderot se fait ainsi à travers un autre héritage : celui, théorique, des théories du texte et de la narratologie

Marie-Ève Thérenty, Convergences : Vernon Subutex et La Comédie humaine
La trilogie Vernon Subutex (2015-2017) a valu à Virginie Despentes de se voir qualifier à maintes reprises par les médias de « Balzac du XXIe siècle ». À l’été 2018, un article académique de M. Goergen étudiait même la trilogie comme une « Comédie humaine transposée dans la France post-industrielle ». Or, sans renier la filiation, Virginie Despentes semble plutôt gênée par cette comparaison récurrente. Il ne s’agit pas (que) de modestie mais visiblement l’écrivaine ne comprend pas l’insistance d’une assimilation qui ne repose d’ailleurs ni sur une ressemblance stylistique, ni sur la pratique citationnelle, ni même sur l’allusion mais sur ce que l’on appellera des dispositifs. L’article revient sur ce paradoxe d’une imitation inconsciente et utilise pour cela la notion de convergence, terme qui désigne à la fois les cérémonies musicales pratiquées par le DJ Vernon Subutex et la culture de la convergence (2006) d’Henry Jenkins qui tente d’appréhender le changement culturel contemporain où les consommateurs sont encouragés à connecter entre eux des contenus médiatiques disparates et à devenir des participants créatifs en bricolant avec leurs emprunts. Vernon Subutex pourrait être la fable de cette nouvelle culture de l’imitation.

Elisa Bricco, La constellation Madame Bovary
Les réécritures contemporaines de Madame Bovary sont analysées à la lumière de la critique de la transfiction mise au point par Richard Saint-Gelais. Seize ouvrages, publiés dans les trente dernières années, illustrent l’engouement des écrivains pour le roman qui les questionne et stimule leur créativité pour la richesse de sa diégèse et pour la complexité de son style. Les romanciers affrontent l’illustre prédécesseur pour le critiquer, pour l’honorer, pour écrire dans son sillage ou encore pour s’en démarquer. Les opérations littéraires les plus récentes introduisent des variations qui se rapprochent de la critique du canon et aussi vers la reconnaissance de la lecture romanesque comme cure, comme outil pour affronter les difficultés de l’existence. Cette dernière transformation de l’idée bovarienne démontre la persistance du mythe et le pouvoir de rayonnement de la créativité contemporaine.

Agathe Novak-Lechevalier, Jouer un siècle contre l’autre : Michel Houellebecq et le XIXe siècle
Il pourrait paraître paradoxal de relier au XIXe siècle un écrivain qui est souvent désigné, en France, comme un « contemporain capital ». Et pourtant, il est indéniable que l’œuvre de Michel Houellebecq multiplie les références à la littérature du XIXe siècle, qu’elle embrasse d’ailleurs dans son ensemble – on peut voir en Houellebecq un écrivain romantique ou un réaliste, on peut aussi en faire un romancier fin-de-siècle. Ce qui importe, c’est que ces références au passé ont toujours une fonction critique, voire offensive. En concevant ses romans sur le principe d’une superposition des temps, Houellebecq s’inscrit en faux contre l’accélération perpétuelle et l’obsolescence programmée qui caractérisent le capitalisme, et permet à son lecteur d’expérimenter une forme de détachement salvateur. Et c’est finalement ce choix de l’inactualité qui fonde peut-être le mieux sa contemporanéité.

Silvia Disegni, Zola dans L’Imitation du bonheur de Jean Rouaud : repoussoir et tremplin
L’article « Zola dans L’imitation du bonheur de Jean Rouaud : repoussoir et tremplin » examine la forte présence de Zola dans le roman de Rouaud (2006), l’écrivain naturaliste de la mimesis « scientifique » du réel étant celui du passé le plus sollicité par l’auteur dans son texte. Sous sa plume, Zola est un véritable personnage fictionnel, caricaturé et objet de polémique. S’il fait fonction de repoussoir au premier niveau de la narration métaromanesque où se définit la poétique du narrateur/écrivain, située aux antipodes de celle de Zola – telle que Rouaud la représente –, le promoteur de la poétique « expérimentale » est également ce contre quoi s’écrivent les fictions du récit second enchâssé et de tous les récits en tiroir qui nourrissent le roman. Le repoussoir est alors un tremplin, moteur d’écriture. Ce sont les modalités, la fonction et le sens de ce constant recours à Zola dans l’Imitation que j’interroge ici.

Laurent Demanze, Des enquêtes naturalistes aux romans documentaires contemporains. L’ombre portée d’Émile Zola
Malgré les réticences contemporaines envers la fresque romanesque d’Émile Zola, un sillon zolien traverse la littérature actuelle : ses romans sont en effet requalifiés comme autant d’enquêtes documentaires pour faire l’expérience d’un terrain insolite, d’un lexique saisissant ou de pratiques inaccoutumées. C’est ce tournant documentaire de la littérature contemporaine qu’il s’agit d’analyser à travers la référence explicite à Émile Zola dans les œuvres de Jean-Baptiste Del Amo et Maylis de Kerangal. L’un et l’autre mobilisent cette référence non pas pour dire un rapport mimétique au réel mais pour susciter une intensification hypernaturaliste ou épique de la sensibilité au monde.

Jean-Marc Moura, Éléments d’une réécriture de la tradition orale dans l’œuvre d’Amadou Hampâté Bâ
La « présence du passé » dans les littératures africaines, francophones ou non, se distingue fondamentalement de celle qui touche à la littérature française contemporaine. Pour les auteurs d’Afrique subsaharienne, il s’agit en effet de se relier à un ensemble de traditions orales éloignées du monde littéraire occidental. L’article analyse cette dynamique dans l’œuvre d’Amadou Hampâté Bâ, ce qui permet de considérer la place singulière des littératures dites francophones dans le canon littéraire de langue française.

Martine Van Geertruijden, Traduire l’intertextualité dans la littérature française contemporaine
Face à la citation qui creuse le texte, le traducteur est avant tout un lecteur : grâce à ses propres lectures, à sa bibliothèque, à sa connaissance de la tradition linguistique, littéraire et culturelle, « étayage de l’acte traductif » (Antoine Berman), il pourra reconnaître (ou pas) l’hypotexte, interpréter la relation que celui-ci entretient avec le texte source et choisir la meilleure stratégie pour reconstituer le réseau intertextuel, en tenant compte bien entendu du lecteur cible, qui fera à son tour sa propre lecture palimpsestueuse du texte d’arrivée. Nous verrons ici quels projets, plus philologiques ou plus apprivoisants, quelles approches ont privilégié les traducteurs italiens pour affronter des situations intertextuelles aussi différentes que celles qui caractérisent les romans d’Annie Ernaux et d’Alain Mabanckou.

Paola Crupi, Bovarysme et Spleen dans Vies pøtentielles de Camille de Toledo
Recueil de micro-fictions ou roman en fragments, Vies pøtentielles de Camille de Toledo explore l’état de la vie de l’homme sur Terre au XXIe siècle. Ce sont des récits de vies qui racontent une humanité morcelée à une époque où les nouvelles technologies, dans leur perpétuelle connectivité, détruisent la vie intérieure. Ce livre noue un dialogue constant avec la littérature française du passé. Son écriture s’enrichit de scènes, d’images et de thèmes qui sont en résonance avec le bovarysme flaubertien, mais elle puise aussi dans la poésie de Baudelaire, en contribuant à renouveler la littérature au tournant des XXe et XXIe siècles et à enrichir la recherche littéraire de l’auteur. Selon Camille de Toledo, les œuvres littéraires du passé perdurent et s’hybrident par le réagencement de l’objet-livre, par le travail sur les genres et sur la langue réalisé par l’écrivain. Avec l’héritage littéraire du passé, il invente de nouvelles formes poétiques et esthétiques pour la littérature du XXIe siècle.

Sarah Nora Pinto, S’écrire avec les autres. Chloé Delaume et le travail de la citation dans Une femme avec personne dedans
Chloé Delaume naît comme auteur et personnage de fiction par la citation. Son projet littéraire de reconstruction identitaire, de « modifier le réel », s’opère par l’autofiction, politique et expérimentale, et nécessite la mise en œuvre d’une langue singulière, construite avec la parole de ses auteurs fétiches dont elle revivifie les voix en les greffant sur la sienne. Cet article analyse dans son roman Une femme avec personne dedans, publié en 2012, comment la littérature du passé est convoquée dans la création à plusieurs niveaux du texte : structurel (hypotexte de l’Apocalypse selon Saint-Jean et allusions littéraires dans les titres) ; textuel (usage des guillemets et de l’italique) et linguistique (citations littéraires intégrées à sa langue sur le mode du jeu de mots par les procédés de la défiguration et du défigement).

Gilles Bonnet, La littérature n’est pas ma tondeuse à gazon (fantaisie, manuels & médialisation)
« La littérature n’est pas ma tondeuse à gazon (fantaisie, manuels et médialisation) » Bien des auteurs contemporains de la littérature française (Noémi Lefebvre, Jean-Charles Massera, Eric Arlix,  Emmanuelle Pireyre, Nathalie Quintane, Olivier Cadiot) revisitent l’héritage de la fantaisie des XVIIIe et XIXe siècles. Leurs œuvres mettent à distance, par le joyeux doute et la complexité ludique, ces usages de la langue reflets d’une mondialisation volontiers assertive voire autoritaire. Leurs textes font le pari de la fantaisie comme force corrosive, capable de dissoudre les prétentions férocement causalistes d’étiologies qui se veulent orientées vers la transparence et la rationalisation à tous crins du monde et du sujet. Promenades serpentines plus que traités, ces romans ou récits renouent avec une délinéarisation propice aux hésitations et repentirs de la pensée. Avec une fantaisie éthique et politique.

Dominique Rabaté, Une rhapsodie des origines. Les Larmes de Pascal Quignard
« A Rhapsody of Origins : Pascal Quignard’s The Tears » – This article looks into Pascal Quignard’s odd conception of history. Les Larmes does the contrary of what normally does an historical novel, by chosing the side of annals and ancient chronicles : it is a way of staying close to the origins, instead of building a causalist tale of the past. The rhapsodic and fragmentary form of the book conveys the writer’s will to give presence to the double origin of French language (appearing in the Strasburg oath and in The Life of Eulalie). A plural origin that must keep its strength and its power of novelty.

Dominique Viart, Michon/Michelet : l’histoire apocryphe
« Michon / Michelet : an apocryphal history » – This paper shows the importance of Michelet, author of an History of the Revolution, for Pierre Michon, who doubly summones the historian in his novel Les Onze – as a character and as a model of writing – as well as the wider uses he made of his work and his style from Vies minuscules. The article shows how this use is part of an even broader writing strategy: a poetics of borrowing, of «second hand» (Montaigne) and of a literary disguise of historical texts. Finally, it shows how the writer thus constitutes an apocryphal History, which plays with erudition.

Paolo Tamassia, François Bon et la « grande leçon » de Rabelais
«François Bon and Rabelais’s “grande leçon”» This article analyses how François Bon carries out a highly original reading of Rabelais’ work. By upending the canonical classifications of literary history, Bon maintains that Rabelais precedes humanism without entirely belonging to it. Thus, François Bon wishes to demonstrate how, in the work of the author of Pantagruel, the effort to establish, through the power of language, a relationship between the world and a subjectivity prior to the formation of the modern subject, is visible. For this reason, Rabelais is considered to be our contemporary: his days, as well as ours, have something in common (while the first are located before the formation of the modern subject, the others come just after its failure). At last, this paper will investigate how Rabelais’ legacy is present in the works of François Bon.

Federico Corradi, Les moralistes classiques dans la fiction française contemporaine
« Classic moralists in contemporary French fiction » Despite of their eccentric position within « literature » and their problematic place at the crossing of several disciplines, classic moralists seem to acquire today a paradoxical modernity. This article analyses some texts of contemporary authors – Pascal Quignard, Camille Laurens and Lydie Salvayre – who establish a dialogue with classic moralists in different ways and with different intentions. In all these texts, the moralists’ works are freely isolated from the context of seventeenth century culture in order to emphasize all the disconcerting modernity hidden behind the anachronistic and slightly insipid apprearance of their expressions. Regarded from today’s perspective, these authors can be seen now as the prophets of modern relativism, now as the forerunners of structuralism, now as the first champions of the doctrine of art for art’s sake.

Estelle Mouton-Rovira, Mémoire anti-romanesque et usages narratifs du lecteur : Christine Montalbetti  lectrice de Denis Diderot
« Parodic inheritance and narrative uses of the reader’s figure : Christine Montalbetti reader of Denis Diderot » – This article aims at questioning the presence of authors of the past in contemporary literature through the example of intertextuality in Jacques le fataliste by Denis Diderot, in L’Origine de l’homme by Christine Montalbetti (2002). Metalepses, digressions and addresses to the reader tend to re-inscribe this book within a parodic tradition against the novelistic illusion. Yet, these processes are also many fictional beginnings, which become the support for a theoretical approach on the reader’s role in fiction. Diderot’s rereading is thus done through another heritage : a theoretical one of text theories and narratology.

Marie-Ève Thérenty, Convergences : Vernon Subutex et La Comédie humaine
« Convergences : Vernon Subutex and La Comédie humaine » Virginie Despentes, the author of the Vernon Subutex trilogy, is often compared to Balzac by critics. During the summer of 2018, an academic paper written by M. Goergen studied even the trilogy as a « human comedy transposed in post-industrial France ». Without denying this parentage, Virginie Despentes seems rather embarrassed by this recurring comparison. Obviously, Virginie Despentes does not understand this persisting assimilation that rests neither on a stylistic resemblance, nor on quotations from or even allusions to Balzac. The parentage is instead perceivable in what will be called devices. The article revisits this paradox of an unconscious imitation and uses the notion of convergence, a term that refers to both the musical ceremonies practiced by DJ Vernon Subutex and the notion of culture of convergence (2006) by Henry Jenkins who tries to understand contemporary cultural changes. For Jenkins, consumers are encouraged to connect contrasting media contents and to become creative participants by tinkering with the various cultural items they borrow. Vernon Subutex could be the allegory of this new culture of imitation.

Elisa Bricco, La constellation Madame Bovary
« The Constellation Madame Bovary » – Madame Bovary’s contemporary rewritings are analyzed in the light of Richard Saint-Gelais’ critique of transfiction. Sixteen books, published in the last thirty years, illustrate the enthusiasm of writers for the novel that questions them and stimulates their creativity for the richesse of its diegesis and for the complexity of its style. The novelists confront with the illustrious predecessor to criticize him, to honor him, to write in his wake and to stand out. The most recent literary operations introduce variations that turn to criticism of the canon and to the recognition of the novel reading as a cure, as a tool to face the difficulties of existence. This last transformation of the Bovarian idea demonstrates the persistence of the myth and its power to radiate contemporary creativity.

Agathe Novak-Lechevalier, Jouer un siècle contre l’autre : Michel Houellebecq et le XIXe siècle
« Gambling a century against another : Michel Houellebecq and the 19th century » – It could seem paradoxical to study Houellebecq, often designated as a « capital contemporary », throughout his links with the nineteenth century. Houellebecq’s work however is full of references to the literature of the whole nineteenth century : one may evoke him as a romantic writer, another as a realist one, and he might also be seen as a fin de siècle novelist. These references to the past always have a critical, or even offensive function in Houellebecq’s novels : the superposition of different times allows the writer to thwart the constant acceleration and the planned obsolescence which characterize capitalism, and enables the reader to experience a redeeming detachment. This way to declare himself untimely may finally be, for Houellebecq, the best way to appear as a real contemporary.

Silvia Disegni, Zola dans L’Imitation du bonheur de Jean Rouaud : repoussoir et tremplin
The essay « Zola dans L’imitation du bonheur de Jean Rouaud : repoussoir et tremplin » (Zola in The Imitation of happiness by Jean Rouaud : counterweight and springboard) analyses the strong and noteworthy presence of Zola in Rouaud’s novel (2006). The naturalist writer of the so-called scientific « mimesis » of the real is in fact the author of the literary past to which Rouaud most refers in his works. In Rouaud’s fiction Zola is a real character, described both as a caricature and as an object of controversy. On the one hand this character acts as a counterweight at the first level of meta-narration, where the writer’s poetics (which is opposite to Zola’s) is defined; on the other, the proponent of the « sperimental » poetics is also the object against which the fictions of the second level, as well as all the stories within the story that enrich the novel, are written and nestled in. Thus, the counterweight becomes the springboard and the driving force of the act of writing as such. This study aims at exploring the modalities, function and meaning of the constant references to Zola in L’Imitation.

Laurent Demanze, Des enquêtes naturalistes aux romans documentaires contemporains. L’ombre portée d’Émile Zola
« From naturalist investigations to contemporary documentary novels : following Émile Zola » – Despite contemporary reluctance to Émile Zola’s romantic fresco, a Zolian furrow crosses current literature: his novels are in fact re-qualified as documentary investigations to experience an unusual terrain, a striking lexicon or unusual practices. It is this documentary turn of contemporary literature that we have to analyze through the explicit reference to Émile Zola in the works of Jean-Baptiste Del Amo and Maylis de Kerangal. Both mobilize this reference, not to say a mimetic relation to reality but to induce a hypernaturalist or epic intensification of sensibility to the world.

Jean-Marc Moura, Éléments d’une réécriture de la tradition orale dans l’œuvre d’Amadou Hampâté Bâ
« The rewriting of oral tradition in Amadou Hampâté Bâ’s works » – The « presence of the past » in African literatures, be they francophone or not, is quite different from this « presence » in contemporary French literature. Sub-Saharan African writers relate their works to various oral traditions that are alien to Western literatures. The article analyses the reference to orality in Amadou Hampâté Bâ’s works, which allows us to consider the place of so-called francophone literatures in the French literary canon.

Martine Van Geertruijden, Traduire l’intertextualité dans la littérature française contemporaine
« Translating intertextuality in contemporary French literature » – When faced with a quotation that leaves its mark on the text, the translator is a reader first and foremost. Thanks to his or her own readings, personal library, and knowledge of the linguistic, literary and cultural tradition – « the support of the act of translation » (Antoine Berman) – the translator should be able to recognize the hypotext, analyze its relationship with the source text, and adopt the best strategy for reconstructing the intertextual network. All this while never losing sight of the intended reader, who will in turn be treating the target text as a sort of palimpsest. The paper will examine which projects (those with a more philological slant or else more inclined to adopt domestication) were preferred by Italian translators to square up to the different intertextual situations that characterize the novels of Annie Ernaux and Alain Mabanckou.

Paola Crupi, Bovarysme et Spleen dans Vies pøtentielles de Camille de Toledo
« Bovarysme and Spleen in Vies pøtentielles by Camille de Toledo » – The collection of short stories or novel of fragments, Vies pøtentielles written by Camille de Toledo, explores the life and the condition of man on the Earth during the 21st century. It is composed of a series of life sketches that describe the condition of man, during the period of the new technologies, and how these destroyed his inner life. This book establishes a constant dialogue with French literature of the past. Its writing is enriched by scenes, images and themes that are connected with the bovarysme of Flaubert, but it has roots also in the poetry written by Baudelaire, contributing to the renovation of literature at the turn of the 20th and 21st century and to enrich the literary research of the author. According to Camille de Toledo, literature works from the past persist and hybridise trough the rearrangement of the book-like-an-object, trough the work the writer practices the genres and the language. With the literary heritage from the past, he invents new forms of poetry and aesthetic for the literature of the 21st century.

Sarah Nora Pinto, S’écrire avec les autres. Chloé Delaume et le travail de la citation dans Une femme avec personne dedans
« Writing with others. The work of quotation in Chloé Delaume’s Une femme avec personne dedans » – Chloé Delaume as pseudonym’s author and character of fiction come into being by quoting literature. Her literary project of identity regeneration, of “modifying the real”, takes place within the autofiction, as a political and experimental practice. Her project requires the creation of a singular language, built with the words of her favorite authors, whose voices are made alive by grafting them on her own. This article analyzes in her novel Une femme avec personne dedans, published in 2012, how the literature of the past is called upon in the creation, at several levels of the text: structural (hypotext of the Apocalypse according to Saint John and literary allusions in titles), textual (use of quotation marks and italics) and linguistic (literary quotations used for play on words and deeply integrated into her language).

Gilles Bonnet, La littérature n’est pas ma tondeuse à gazon (fantaisie, manuels & médialisation)
« Literature is not my lawn mower (fantasy, manuals and medialization) » – Many contemporary authors of French literature (Noémi Lefebvre, Jean-Charles Massera, Eric Arlix, Emmanuelle Pireyre, Nathalie Quintane, Olivier Cadiot) revisit the legacy of fantasy from the 18th and 19th centuries. Their works put at a distance, through joyful doubt and playful complexity, these uses of language which reflect a globalization that is readily assertive or even authoritarian. Their texts bet on fantasy as a corrosive force, capable of dissolving the fiercely causalist pretensions of etiologies that want to be oriented towards transparency and rationalization of the world and the subject. Serpentine walks rather than treaties, these novels or stories revive a delineation conducive to hesitation and remorse of thought. They revive an ethical and political fantasy.

Dominique Rabaté
Ancien élève de l’ENS Ulm, Dominique Rabaté est professeur de littérature française du XXe siècle à l’Université de Paris. Il a écrit de nombreux livres : sur Louis-René des Forêts, Pascal Quignard, Marie NDiaye, sur le roman et le récit au XXe siècle, ou le sujet lyrique. Derniers titres parus : chez Corti, La Passion de l’impossible. Une histoire du récit au XX° siècle (2018) et Petite physique du roman (2019). En 2015 Désirs de disparaître chez Tangence au Québec. <dominique.rabate@wanadoo.fr>

Dominique Viart
Essayiste et critique, membre de l’Institut universitaire de France, Dominique Viart, professeur à l’Université Paris Nanterre, dirige avec Jean-Marc Moura l’Observatoire des écritures contemporaines. Directeur de la Revue des Sciences Humaines et de plusieurs collections scientifiques, il a promu la recherche universitaire sur la littérature contemporaine (La Littérature française au présent, 2005 ; Anthologie de la littérature française contemporaine, 2013) et consacré des essais à Jacques Dupin, Claude Simon, Pierre Michon, François Bon, Eric Chevillard, Patrick Deville, ainsi que nombre d’articles à divers écrivains contemporains. Attentif aux relations entre littérature et sciences humaines et sociales, il organise chaque année à Paris les rencontres « Littérature : enjeux contemporains ». Il a récemment dirigé deux numéros de la revue américaine Contemporary French & Francophone Studies (Literature and Criticism et Literature and alternative Knowledges), dirigé avec Djamel Meskache un volume consacré à Alain Nadaud (éditions Tarabuste) et, avec Agnès Castiglione, le Cahier de l’Herne consacré à Pierre Michon. Il vient de coordonner, avec Alison James, le volume Littératures de terrain, de la revue en ligne FIXXION XX-XXI. <dviart@parisnanterre.fr>

Paolo Tamassia
Paolo Tamassia enseigne la Littérature française à l’université de Trente. Ses recherches portent notamment sur les rapports entre littérature et politique (Sartre, Bataille, Foucault, Blanchot) et entre poésie et pensée (Char), ainsi que sur le roman français contemporain (Bergounioux, Bon, Carrère, Houellebecq, Michon). Parmi ses nombreuses publications : Politiche della scrittura. Sartre nel dibattito francese del Novecento su letterura e politica (Franco Angeli, 2001), Romanzo e società, dans Il romanzo francese contemporaneo, dirigé par G. Rubino (Laterza, 2012) et Il Novecento, dans Storia europea della letteratura francese, dirigé par L. Sozzi (Einaudi, 2013).<paolo.tamassia@unitn.it>

Federico Corradi
Professeur associé de Littérature française à l’Université de Naples « L’Orientale », Federico Corradi a étudié en particulier l’œuvre de La Fontaine, à laquelle il a consacré un volume (Immagini dell’autore nell’opera di La Fontaine, Pisa, Pacini, 2009) et plusieurs articles. Membre de l’équipe Fabula numerica, il a travaillé sur la tradition de la fable humaniste, notamment sur les recueils ésopiques néo-latins et italiens de Faërne, Verdizzotti, Tesauro et Capaccio. Il s’est occupé de l’écriture de l’histoire et de la critique littéraire au XVIIe siècle (éditions critiques de Saint-Réal, Césarion ou entretiens divers, Paris, Hermann, 2013 et de Saint-Évremond, Écrits sur le théâtre, Pisa, ETS, 2015). En tant que membre du Larc (Laboratoire de Recherches sur le Contemporain – Université de Rome « La Sapienza »), il s’est penché sur les modalités de l’écriture historique dans le roman contemporain, notamment dans les « fictions critiques » de Gérard Macé, Pierre Michon et Pascal Quignard. <fcorradi@unior.it>

Estelle Mouton-Rovira
Estelle Mouton-Rovira est Maîtresse de conférences à l’Université Bordeaux-Montaigne. Elle a soutenu en 2017 une thèse intitulée « Théories et imaginaires de la lecture dans le récit contemporain français ». Ses travaux actuels portent sur la littérature contemporaine (Pierre Bergounioux, Arno Bertina, Emmanuel Carrère, Éric Chevillard, Emmanuelle Pireyre, Olivia Rosenthal, Pierre Senges…) et sur les théories de la lecture et de l’interprétation ; elle s’intéresse également à la réception de la littérature numérique. <estelle.mouton.rovira@gmail.com>

Marie-Ève Thérenty
Marie-Ève Thérenty est professeure à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 et directrice du centre de recherche RIRRA 21. Spécialiste des relations entre presse et littérature, de poétique historique et d’imaginaire médiatique, elle a écrit et codirigé plusieurs ouvrages parmi lesquels : La Littérature au quotidien, Poétiques journalistiques au XIXe siècle, Seuil, 2007 ; (avec D. Kalifa, P. Régnier et A. Vaillant) La Civilisation du journal. Histoire culturelle et littéraire de la presse française au XIXe siècle, Nouveau monde, 2012 ; (avec A. Chabrier) Détective, fabrique de crimes, éditions K, 2017 ; Femmes de presse, femmes de lettres. De Delphine de Girardin à Florence Aubenas, CNRS éditions, 2019. Elle est coresponsable avec Guillaume Pinson de la plate-forme numérique medias19.org et est la responsable scientifique du projet ANR Numapresse. <marie-eve.therenty@univ-montp3.fr>

Elisa Bricco
Elisa Bricco est professeure de littérature française à l’Università di Genova. Elle a publié plusieurs études sur le roman français contemporain. En 2015 a paru l’essai Le Défi du roman. Narration et engagement oblique à l’ère postmoderne chez Peter Lang et, la même année, le collectif Le Bal des arts. Le sujet et l’image: écrire avec l’art (Quodlibet). Depuis quelques années, elle travaille sur les enjeux de l’intermédialité (roman et peinture, roman et cinéma, phototexte, roman et bande dessinée). En 2016 elle a dirigé le collectif Scritture ibridate contemporanee paru dans la revue Nuova Corrente (n. 126) et, en 2018, elle a publié Pratiques artistiques intermédiales sur la revue Publif@rum (n. 29) avec Nancy Murzilli. Dans la même revue a paru en 2019 le collectif La littérature et les arts : paroles d’écrivain.e.s (n. 30). Elisa Bricco dirige le groupe de recherche de l’ARGEC (Atelier de recherches génois sur les écritures contemporaines, <http://argec.hypotheses.org>). <elisa.bricco@unige.it>

Agathe Novak-Lechevalier
Agathe Novak-Lechevalier est maître de conférences à l’université Paris-Nanterre. Spécialiste de la littérature du XIXe siècle, ses recherches s’orientent désormais aussi vers la littérature contemporaine, et elle a notamment beaucoup travaillé sur l’œuvre de Michel Houellebecq. Elle a ainsi préfacé son anthologie poétique Non réconcilié (Gallimard, 2014), fourni la première édition critique de La Carte et le Territoire (Flammarion, GF, 2016), et coordonné le Cahier de l’Herne qui a été consacré à Michel Houellebecq en 2017. Elle a par ailleurs publié un essai intitulé Michel Houellebecq, l’art de la consolation (Stock) en 2018. <agathelechevalier@gmail.com>

Silvia Disegni
Silvia Disegni est professeure de littérature française à l’Université de Naples Federico II. Elle a participé à de nombreux colloques et groupes de recherche internationaux. Elle a publié plusieurs articles en France, en Italie et au Canada sur les écrivains de la mouvance réaliste et naturaliste, les rapports entre journalisme et littérature au XIXe siècle, la littérature et la censure en France au XIXe siècle, l’histoire littéraire du XIXe siècle en France, les figures de passeurs entre France et Italie au tournant des XIXe et XXe siècles, les correspondances d’écrivains, des problèmes de poétique, traductologie et traductibilité et l’œuvre de penseurs du XXe siècle. Elle est l’auteure de Jules Vallès, du journalisme au roman autobiographique (L’Harmattan, 1996) ; des éditions de G. Flaubert, Trois contes (Loffredo, 2002), et de J. Vallès, L’Enfant (Flammarion, 2007). Elle a aussi dirigé plusieurs numéros de revue autour de Jules Vallès, ainsi que Camus/Pasolini : deux écrivains «engagés», Francofonia, 2013. <silvia.disegni@tiscali.it>

Laurent Demanze
Demanze est professeur à l’Université Grenoble Alpes. Ses travaux portent sur la littérature contemporaine à laquelle il a consacré de nombreux articles dans Critique, Les Temps modernes, Europe ou Études françaises. Il dirige la collection « Écritures contemporaines » aux éditions Garnier et a coordonné de nombreux collectifs, consacrés entre autres à Emmanuel Carrère, Pierre Michon ou Pierre Senges. Il est également l’auteur de plusieurs essais chez José Corti : Encres orphelines : Pierre Bergounioux, Gérard Macé et Pierre Michon (2008), Gérard Macé : l’invention de la mémoire (2009) et Les Fictions encyclopédiques de Gustave Flaubert à Pierre Senges (2015). En mai 2019, paraît son nouvel essai : Un nouvel âge de l’enquête, chez José Corti. <laurent.demanze@univ-grenoble-alpes.fr>

Jean-Marc Moura
Jean-Marc Moura professeur de littératures francophones et de littérature comparée à l’Université Paris Nanterre et membre de l’Institut Universitaire de France. Il est spécialiste des lettres francophones et postcoloniales, de l’exotisme littéraire et de l’humour en littérature. Derniers ouvrages critiques parus : Littératures francophones et théorie postcoloniale (PUF, 3e éd. 2019) ; avec Vassiliki Lalagianni (dir.) : Espace méditerranéen : écriture de l’exil, migrances et discours postcolonial (Rodopi, 2014) ; avec Jean-Claude Laborie et Sylvie Parizet (dir.) : Vers une histoire littéraire transatlantique (Classiques Garnier, 2018) ; avec Adelaide Russo (dir.) : Nouveaux savoirs francophones, Revue des Sciences Humaines, n. 330, avril/juin 2018 ; avec Charles Forsdick et Anna Louise Milne (dir.) : L’ailleurs par temps de mondialisation, Fixxion, n. 16, 2018. <jean-marc.moura@parisnanterre.fr>

Martine Van Geertruijden
Martine Van Geertruijden langue et traduction françaises à l’Université de Rome Sapienza et dirige la collection de littérature italienne aux Éditions du Seuil. Elle a traduit en français des romans d’écrivains italiens contemporains (Italo Calvino, Andrea Canobbio, Antonio Tabucchi, Sebastiano Vassalli, Sandro Veronesi) ; ses recherches portent sur les littératures italienne et française contemporaines, la traduction et le travail éditorial. <martine.vangeertruijden@uniroma1.it>

Paola Crupi
Depuis 2001 est enseignante de langue et littérature française à l’école secondaire publique.Actuellement est en service au lycée classique « Jacopo Sannazaro » de Naples, section Esabac.Est inscrite en Master 2, Littérature française, à l’Université Paris-Nanterre.De 1992 à 1997 a travaillé comme “cultore della materia” en langue française à la faculté d’Economie de l’Université de Benevento et à l’Université Suor Orsola Benincasa de Naples.En 1995 a obtenu l’aptitude à préparer une thèse de doctorat en Littérature française, à la Faculté de Lettres de l’Université de Palerme.A publié : “L’Antinaturalisme de l’Histoire: L’Attaque du moulin et Jacques Damour d’Émile Zola”, in Écrire la guerre, Études réunies par Catherine Milkovitch-Rioux et Robert Pickering, Clermont-Ferrand, Presses Universitaires Blaise Pascal, 2000, p. 39-49.“Tourbillon et vertige: la danse dans quelques textes de jeunesse de Gustave Flaubert”, in Sociopétique de la danse, Actes du Colloque international organisé sous la direction d’Alain Montandon, Paris, Anthropos, 1998, p. 297-314.“Una storia d’amore all’ombra del Vesuvio: Fragoletta di Henri de Latouche (1829)”, in Il Vesuvio e le città vesuviane 1730-1860, Atti del Convegno in ricordo di Georges Vallet a cura di G. Cafasso, J. Ehrard, G. Papoff e L. Vallet, Napoli, CUEN, 1998, p. 377-390. <pcrupi62@gmail.com>

Sarah Nora Pinto
Actuellement enseignante-chercheuse en langue et traduction françaises à l’Université de Naples l’Orientale, Sarah Pinto est titulaire d’un doctorat de troisième cycle en lexicologie française, sur le vocabulaire de la photographie. Ses recherches l’ont portée récemment vers l’analyse linguistique et stylistique de textes de chanson et elle fait partie du groupe de recherche « Leximarq » sur la lexicalisation de l’onomastique commerciale, dirigé par Jana Altmanova. D’autre part, elle s’est occupée pendant quatre ans de l’organisation du Prix de Narration en langue française « Napoli racconta » à l’Université de Naples l’Orientale. Elle a enseigné la littérature française à l’université de Naples « Federico II » et s’est intéressée aux romans d’Irène Némirovsky, d’un point de vue thématique et lexical. <sapinto@unior.it>

Gilles Bonnet
Gilles Bonnet est professeur de littérature française moderne et contemporaine à l’Université Lyon 3. Au XXe siècle, il aima beaucoup l’œuvre de Huysmans. Ses travaux actuels portent sur la littérature contemporaine (François Bon. D’un monde en bascule, 2012) et son versant numérique (Pour une poétique numérique, Littérature & Internet, 2017 ; programme ANR « Lifranum » 2020-2023). Ses objets de recherche sont parfois bizarres : la fantaisie, la chanson, la littéraTube… Faut-il s’en inquiéter ? <gilles.bonnet@univ-lyon3.fr>

Philippe Vilain
Docteur en lettres modernes de l’université Sorbonne Paris 3, Philippe Vilain est écrivain et directeur de la collection « Narratori Francesi Contemporanei » chez Gremese Editore à Rome. Il est l’auteur d’une dizaine de romans et récits publiés aux éditions Gallimard et Grasset (L’étreinte, La dernière année, Le renoncement ou L’été à Dresde, Paris l’après-midi, Faux-père, Confession d’un timide, La Femme infidèle, La fille à la voiture rouge, Un matin d’hiver ou Pas son genre adapté au cinéma par Lucas Belvaux) et d’essais sur la littérature contemporaine (Dans le séjour des corps. Essai sur Marguerite Duras, L’autofiction en théorie (La Transparence), Défense de Narcisse, La littérature sans idéal ou La passion d’Orphée (Grasset). Son oeuvre a fait l’objet d’une journée d’études à l’université Mulhouse Haute-Alsace et d’un ouvrage universitaire : Philippe Vilain ou la dialectique des genres (Orizons). <philippevilain90@hotmail.com>

 

Comptes rendus/Recensioni

N. Wolf, Le Peuple à l’écrit. De Flaubert à Virginie Despentes ; É. Goin, F. Provenzano (dir.) Les Rhétoriques du peuple ; É. Goin, F. Provenzano (dir.), Usages du peuple. Savoirs, discours, politiques ; É. Goin, F. Provenzano (dir.), Usages du peuple. Savoirs, discours, politiques (M. C. Gnocchi)

D. Serre-Floersheim, La Rhétorique de la haine. La fabrique de l’antisémitisme par les mots et les images  (C. Imbroscio)

G. Yanoshevsky, L’Entretien littéraire. Anatomie d’un genre (G. M. Gallerani)

S. Smadja, Cent ans de prose française (1850-1950). Invention et évolution d’une catégorie esthétique (A. I. Squarzina)

É. Ripoll, Penser la couleur en littérature. Explorations romanesques des Lumières au réalisme (D. Vago)

Notes de lecture/Schede

Pubblicato con contributi del Dipartimento di Lingue, Letterature e Culture Moderne dell’Università di Bologna. 

ISBN 978 88 222 6689 7

Revue de presse/ Rassegna stampa